14/09/2012 – Adolescentes délinquantes entre parenthèses

Une éducation sans contrainte est-elle possible ? A cette question, qui interroge les fondements de la relation entre un adulte et un enfant, l’association Les Nids a toujours répondu par l’expérience. Une contrainte parfois nécessaire pour rassurer, contenir les émotions et aider à se construire. Lancé dans l’aventure des Centres Educatifs Fermés (CEF) dès leur création en 2003 et ayant participé activement à l’écriture du cahier des charges issu de la loi Perben, en 2002, l’association Les Nids a marqué dès le départ son attachement à ce dispositif.
Non sans débat, au moment où l’opinion publique était divisée, mais avec la conviction que la réponse éducative, quel que soit le cadre, est toujours possible et que l’individu, et à plus forte raison l’enfant, ne peut être réduit aux actes qu’il a commis. Ainsi, fort de l’expérience du premier CEF normand à Saint Denis Le Thiboult, l’Association Les Nids s’est investie en 2007 dans une forme d’accompagnement singulière en ouvrant le premier Centre en France, le seul encore aujourd’hui, à n’accompagner que des filles. Agées de 15 à 18 ans, ces jeunes filles, délinquantes multirécidivistes, trouvent dans cette structure, implantée en pleine campagne normande, l’écoute et l’attention qui leur a tant fait défaut tout le long d’un parcours le plus souvent chaotique. Un long article d’Audrey Guiller, dans le numéro des Actualités Sociales Hebdomadaires (ASH) du 14 septembre 2012 (numéro 2774, lien ici) rend hommage au savoir faire, à l’expérience mais aussi et surtout au regard que l’association Les Nids porte ainsi sur la jeunesse. Un parti pris que défend ainsi Stéphane Deschamps, Directeur des deux CEF gérés par l’Association : « elles vont tout faire pour que l’on reproduise ce qu’elles connaissent le mieux : la violence, le conflit, la victimisation. Notre travail, c’est de tenir en leur montrant que le clash n’est pas la seule issue ».

Cette forme de réponse aux actes de délinquance juvénile est une réponse pertinente si elle est pensée et construite parmi d’autres réponses et pour des faits qui justifient qu’il y ait temporairement un mur entre ces jeunes et l’infini des possibles.

Téléchargez l’article de la revue ASH

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